Français Môssieur ! (Insomnie fatale électorale)

Une heure du matin, deux heures du matin… Certaines nuits, de chez moi, on entend un peu le périphérique, cela dépend du vent. Je regarde dehors. Il y a d’autres insomniaques dans le quartier.

J’ai peur de ce que les français sont capables d’exprimer au second tour, de l’écrasant patriarcat et de ces femmes qui le porte, largement aussi insultantes et basses de plafond que les mâles dominants, ces femmes qui distillent la haine et les phobies, xénophobies, homophobies, connasses serviles, imbéciles adjuvants d’un système qui les méprise et qui nous oppresse, sordides kapos, suppôts de la phallocratie, de l’ethnocentrisme et de la médiocrité.

Prenez garde à elles, qu’elles ne vous pointent du doigt, vous auriez maille à partir avec leur service d’ordre. Je ne cite pas de noms, sinon je m’expose à une mort certaine lors des premières purges. On élimine toujours en premier ceux qui écrivent, les brutes nous détestent. 

Les vraies valeurs de la France, oui Môssieur, Français Môssieur ! Pays de brutes. J’ai peur de ce que cette bêtise pourrait avoir de néfaste sur mon quotidien. Femme, homo, vivant avec une étrangère, j’ai presque tout pour plaire ; il me manque un taux de mélanine un peu plus élevé et un patronyme à consonance terroriste, une tête à casier judiciaire… La France connait ses ennemis, les vrais méchants, les vrais faux frères, sur qui on va pouvoir cogner, enfin, après leur avoir attribué tous les maux.

J’aime bien l’Histoire, sauf que c’est désespérant. Quand les idées de brutes se propagent, l’odeur du sang n’est jamais loin. Etant donné les chiffres de ce soir, c’est trop tard, ça pue déjà. Les gens qui se sentent salis dans leur identité vont bientôt avoir besoin de se purifier. Cela se déroule toujours ainsi : il faut des victimes expiatoires.

Qu’un sang impur abreuve nos sillons !

Je me sens impure, Môssieur !

Trois heures du matin, flip du lendemain. Le manque de sommeil va peser sur la journée. Il y aura des frissons, des suées, le sang qui cogne contre les tempes, pour rappeler qu’on est dans le rouge.

Il existe de nombreux troubles du sommeil. Celui-ci est terrifiant, on en meurt : l’insomnie fatale familiale. Ce n’est pas la mienne, heureusement.

Insomnie fatale électorale.

Courage, la nuit finit toujours par passer.

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Français Môssieur ! (Insomnie fatale électorale)

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